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Yves Crenn
Yves Crenn
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Détours
Du 16 novembre au 14 décembre 2019

« Un silence retenu du monde

La peinture est un art paradoxal qui se joue de toutes les certitudes. Celle d'Yves Crenn gagne aujourd'hui en silence, comme si parler trop fort lui était, avec la maturité, devenu insignifiant ou obsolète. Là réside sa simplicité, c'est-à-dire son évidence. Aussi, plus qu'un style, en reste-t-il une écriture, une voix mélancolique, douce et tranquille. Car l'artiste ne craint pas la délicatesse, il la recherche et la savoure presque. Paysages, vues du port de Rouen la nuit, portraits ou nus féminins, au fil des sujets et des œuvres, cette petite musique aérienne, un peu désuète et presque éthérée, devient de plus en plus singulière, tendue, presque entêtante, et gagne en densité comme en profondeur. Une allégresse soutenue par une rigueur extrême ; une sérénité basée sur un doute fécond. Il n'est vrai qu'il ne semble en rien avoir oublié la leçon de ses aînés, de Rembrandt à Chardin, de Greuze à Fantin-Latour, de Corot à Degas, de Manet à un certain Picasso ou, plus proche de nous, Laget, Garel et Garouste.

Aussi le projet d'Yves Crenn est-il moins la représentation en elle-même que cette incarnation d'une présence à travers les formes silencieuses d'un corps, les lignes invisibles d'une ville, l'éclat d'un visage, la luminosité d'un ciel ou, à l'inverse, leur ombre secrète...Et ce qui s'inscrit ici prolonge et reconduit un mouvement qui est celui de l'œuvre elle-même : dévoiler la profondeur intime du sensible, ouvrir l'espace de l'œuvre sur l'épaisseur du monde et des choses, laisser l'image se dévoiler – presque se développer – face à l'attention d'un regard soutenu.

La rencontre y est implicite ; les pactes silencieux. Et l'œil chemine, libre, parmi les liquidités des lavis et des aquarelles ou la poudre des crayons et des pastels. Dès lors le bonheur de vivre et de peindre se conjugue à la mesure d'une condition d'être au monde et de s'y incarner pleinement, intensément. Au bout de ce regard s'accomplit un déploiement du geste et de la vision, de la lumière et de la couleur, du corps et de l'espace, comme dans un territoire enfin pacifié, comme l'émergence de ce "clair – obscur en lequel nous nous tenons toujours"(Matthieu Sourdeix). Comme un silence retenu du monde auquel nous conduit, aujourd'hui, la peinture d'Yves Crenn. »

Charles-Arthur Boyer

« Un silence retenu du monde

La peinture est un art paradoxal qui se joue de toutes les certitudes. Celle d'Yves Crenn gagne aujourd'hui en silence, comme si parler trop fort lui était, avec la maturité, devenu insignifiant ou obsolète. Là réside sa simplicité, c'est-à-dire son évidence. Aussi, plus qu'un style, en reste-t-il une écriture, une voix mélancolique, douce et tranquille. Car l'artiste ne craint pas la délicatesse, il la recherche et la savoure presque. Paysages, vues du port de Rouen la nuit, portraits ou nus féminins, au fil des sujets et des œuvres, cette petite musique aérienne, un peu désuète et presque éthérée, devient de plus en plus singulière, tendue, presque entêtante, et gagne en densité comme en profondeur. Une allégresse soutenue par une rigueur extrême ; une sérénité basée sur un doute fécond. Il n'est vrai qu'il ne semble en rien avoir oublié la leçon de ses aînés, de Rembrandt à Chardin, de Greuze à Fantin-Latour, de Corot à Degas, de Manet à un certain Picasso ou, plus proche de nous, Laget, Garel et Garouste.

Aussi le projet d'Yves Crenn est-il moins la représentation en elle-même que cette incarnation d'une présence à travers les formes silencieuses d'un corps, les lignes invisibles d'une ville, l'éclat d'un visage, la luminosité d'un ciel ou, à l'inverse, leur ombre secrète...Et ce qui s'inscrit ici prolonge et reconduit un mouvement qui est celui de l'œuvre elle-même : dévoiler la profondeur intime du sensible, ouvrir l'espace de l'œuvre sur l'épaisseur du monde et des choses, laisser l'image se dévoiler – presque se développer – face à l'attention d'un regard soutenu.

La rencontre y est implicite ; les pactes silencieux. Et l'œil chemine, libre, parmi les liquidités des lavis et des aquarelles ou la poudre des crayons et des pastels. Dès lors le bonheur de vivre et de peindre se conjugue à la mesure d'une condition d'être au monde et de s'y incarner pleinement, intensément. Au bout de ce regard s'accomplit un déploiement du geste et de la vision, de la lumière et de la couleur, du corps et de l'espace, comme dans un territoire enfin pacifié, comme l'émergence de ce "clair – obscur en lequel nous nous tenons toujours"(Matthieu Sourdeix). Comme un silence retenu du monde auquel nous conduit, aujourd'hui, la peinture d'Yves Crenn. »

Charles-Arthur Boyer

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